Qu’est-ce que l’art peut révéler de nos vies lorsqu’il sort du cadre et se confronte au monde qui l’entoure ? Les artistes évoqué·es dans ces conférences font de la co-création et du déplacement leur méthode de travail, afin de faire expérimenter collectivement d’autres façons d’organiser la société.
Plus proche de la co-création que de l’art participatif, les pratiques qui nous intéressent ouvrent des perspectives. Parce qu’elles déplacent nos habitudes et inventent d’autres manières d’être ensemble, elles donnent des moyens d’agir sur nos vies convoitées par des logiques de marchandisation.
Plusieurs des artistes invoqué·es dans ce cycle (comme on invoque un esprit) ont jalonné la programmation du Grand Café. Ce cycle sera ainsi l’occasion de mettre en commun nos souvenirs et d’emporter un peu de ces expériences pour les rejouer ailleurs et dans l’avenir.
Comme chaque année depuis 2019, les conférences de cette dernière saison sont menées par le critique d’art Ilan Michel.
Calendrier :
Jeudi 19 novembre à 18h30 : Faire avec : une esthétique de l’ordinaire
Jeudi 10 décembre à 18h30 : Faire ensemble : l’art vous donne rendez-vous
Jeudi 21 janvier à 18h30 : Laisser faire : quand l’artiste ouvre le jeu
Jeudi 11 février à 18h30 : Refaire le monde : l’art comme laboratoire
Jeudi 18 mars à 18h30 : Le don et la communauté : pourquoi avons-nous encore besoin de l’art ?
Conférencier :
Ilan Michel est critique d’art et commissaire d’exposition indépendant, il s’intéresse aux relations entre l’art contemporain et les avant-gardes artistiques du début du XXème siècle. De 2016 à 2021, il a été assistant aux expositions au Frac Centre-Val de Loire et assistant scientifique d’expositions au Musée des beaux- arts et d’archéologie de Besançon. Il est actuellement chargé de médiation au Musée d’arts de Nantes. Il écrit pour les revues Artpress, 02, La Belle Revue, Critique d’art.
Informations pratiques :
Les conférences ont lieu à l’Amphithéâtre de l’EPF : 5 esplanade Germaine Tillion (à côté de l’École des Beaux-Arts), Saint-Nazaire
Entrée 6 euros ; gratuit pour les moins de 18 ans, les demandeur·es d’emploi inscrit·es à France Travail, les bénéficiaires du RSA et les élèves de l’École des Beaux-arts Nantes – Saint-Nazaire et de l’EPF (sur présentation de justificatifs).
Sur réservation auprès de l’école d’arts : T. 02 55 58 64 80.
Programmation détaillée :
Jeudi 19 novembre 2026 à 18h30
Faire avec : une esthétique de l’ordinaire
Pétrir le pain, tisser sur une toue cabanée ou faire du vêtement une sculpture collective : des gestes ordinaires deviennent des expériences extraordinaires. Marie Preston, Patrick Bernier et Olive Martin, Micha Deridder et Nefeli Papadimouli réactivent des gestes anciens pour inventer de nouveaux usages. En choisissant la co-création, ces artistes affirment que l’art construit des savoirs en commun.
Jeudi 10 décembre 2026 à 18h30
Faire ensemble : l’art vous donne rendez-vous
Face à la solitude de nos villes, l’art peut-il recréer du lien ? Du Musée Précaire Albinet à Aubervilliers impulsé par Thomas Hirschhorn à la création collective de Camille Bondon avec les habitant·es d’un quartier de Rennes autour des objets du quotidien, les artistes mettent en place des jeux et des rituels qui provoquent la rencontre. Ces pratiques font de l’art une « utopie de proximité » selon les mots du critique d’art Nicolas Bourriaud, autant d’occasions de se donner rendez-vous.
Jeudi 21 janvier 2027 à 18h30
Laisser faire : quand l’artiste ouvre le jeu
Certain·es artistes initient des projets sans en maîtriser toutes les étapes, laissant aux participant·es la liberté de les transformer. Jeremy Deller fait ainsi rejouer une lutte historique entre 8000 mineurs contre 6000 policiers qui se déroula en 1984 au nord de l’Angleterre, tandis que Hassan Darsi associe les habitant·es pour révéler l’abandon d’un parc à Casablanca et œuvrer à sa réhabilitation. Ces démarches de co-création déplacent la notion d’auteur, et valorisent l’appropriation collective.
Jeudi 11 février 2027 à 18h30
Refaire le monde : l’art comme laboratoire
Plutôt que d’apporter des solutions toutes faites aux problèmes sociaux, certain·es artistes invitent à expérimenter d’autres façons de vivre ensemble. Mobilier urbain (raumlaborberlin), droit d’auteur (Agence – Kobe Matthys), propriété privée (Adelita Husni-Bey) ou réussite scolaire (Thomas Tudoux) deviennent des terrains de réflexion et d’action collective. En questionnant les règles, les usages et les rapports de pouvoir, ces démarches font de l’art un laboratoire où imaginer, à petite échelle, de nouvelles organisations de la société.
Jeudi 18 mars 2027 à 18h30
Le don et la communauté : pourquoi avons-nous encore besoin de l’art ?
Dans une société marchande, des artistes explorent le don et la réciprocité comme moyens de créer du lien. Banque de temps (Olivia Hernaïz), troc d’objets (Nicolas Floch), journaux confiés à des associations de jardins ouvriers (Jeremy Deller) ou créations olfactives auprès de patient·es et de soignant·es (Julie C. Fortier) ouvrent d’autres formes d’échanges. Ces pratiques ont le pouvoir de créer de nouvelles communautés. L’art est « une forme de magie qui détient le pouvoir alchimique de transformer le réel » (Jeremy Deller).




