After the Moroccans - Le Grand Café
After the Moroccans - Le Grand Café
After the Moroccans - Le Grand Café
After the Moroccans - Le Grand Café

Installation, tempera à l’huile et à la caséïne, dimensions variables

 

À l’occasion de son exposition personnelle, Christian Hidaka s’empare de l’espace du centre d’art. Dans la grande salle du rez-de-chaussée, il transpose pour la première fois en trois dimensions une toile réalisée en 2015 : Trobairitz. Le terme Trobairitz désigne une femme troubadour, le mot provençal trobar signifiant à la fois « trouver » et « composer ». Au centre de cette toile exposée à l’étage trône ce pendant féminin des troubadours proches de la peinture italienne et des Arlequins de Picasso. Autour de ce personnage, des éléments symboliques gravitent en apesanteur : une composition florale empruntée à Matisse, un feu ardent pixellisé, un paon posé sur un polyèdre et des personnages divers (geisha, personnages arabes, joueuse de tambour). L’artiste dilate l’espace pictural, le structure par les pavements, les arcades, les fragments d’architecture traités comme les strates feuilletées d’un décor. L’œil est happé par la répétition de certains motifs : la grille, le cercle, et enfin la scansion des ombres au sol.

Au Grand Café, Christian Hidaka déplie ces éléments dans l’espace sous forme de décor. Les murs sont peints en trompe-l’œil de façon à recréer les arcs du cloître, les personnages de la scène centrale sont répartis dans la salle. Dans cette reprise de Trobairitz, Christian Hidaka modifie pourtant un élément clef de la toile originale. Le personnage phare de la composition, la Trobairitz, manque à l’appel.

Le titre de l’exposition, Desert Stage (La Scène vide), prend alors tout son sens. L’espace semble mis en attente, comme en veille entre deux actes en l’absence de sa protagoniste principale. Grâce à cette vacance, le visiteur a toute liberté de devenir acteur de la composition, de s’inventer en prospecteur de fiction picturale. Il peut ainsi laisser son esprit composer une constellation de significations qui lui serait propre.

Toujours en quête de repousser les limites de l’espace pictural, Christian Hidaka transpose littéralement son image en construction à échelle un. Entre peinture et décor de théâtre, la contemplation de ces éléments en trois dimensions, mais tout de même travaillés comme des corps sans épaisseur, crée un sentiment d’étrangeté pour le regardeur qui l’entraîne de l’autre côté du miroir vers un jeu entre illusion et mémoire. La scène imaginée par l’artiste sera investie durant l’exposition par des musiciens et des danseurs qui viendront interpréter à leur envie cette énigme.

Autour de l’exposition Desert Strage, Emmanuelle Huynh a conçu une performance dansée. En savoir plus : https://www.grandcafe-saintnazaire.fr/evenements/emmanuelle-huynh/