Soleil Blanc IV à XI - Le Grand Café
Soleil Blanc IV à XI - Le Grand Café
Soleil Blanc IV à XI - Le Grand Café

Draps, teinture naturelle, dimensions variables.

Pour la grande salle du rez-de-chaussée du Grand Café, Adrien Vescovi a produit un ensemble d’immenses feuilletages verticaux de tissus. Tableaux de couleurs fragmentant l’espace, ces toiles libres portent le souvenir de temps passés, autant que de territoires traversés.

Monogrammés ou ornés de dentelles, ces draps ont un vécu : des mains invisibles ont passé des heures à réaliser les broderies de leur initiales (leur identité ?) sur ces tissus épais, en coton ou en lin, à la tenue raide et à la variété chromatique plus riche qu’il n’y paraît, du blanc au beige crème, en passant par le jaune. Si l’œuvre d’Adrien Vescovi aborde la question de la mémoire, elle ne fouille pas pour autant l’anecdote : les histoires familiales particulières ne l’intéressent pas, seule l’idée que ces draps ont eu une longue vie antérieure, lestée par le passage des corps, l’inspire et la nourrit.

Pour l’installation présentée à Saint-Nazaire, ces textiles « blancs » ont été teintés, dans une gamme pastel qui rappelle à l’artiste les couleurs des façades d’immeubles résidentiels des années 70-80, rose et violine, orange et vert. Ces couleurs, ce sont aussi celles des territoires parcourus et convoqués ici par l’artiste. Des teintes vertes issues des alpages de ses origines savoyardes, en passant par les ocres du Languedoc et du Vaucluse rencontrés dans son lieu de résidence actuel (Marseille), jusqu’aux couleurs des épices du pourtour méditerranéen, la palette projetée dans Le Grand Café catalyse une image méridionale que nous connaissons tou.te.s.

Intitulées Soleil Blanc (IV à XI), ces œuvres aux géométries variables sont également constituées de formes arrondies, découpées dans des draps blancs et cousues sur ceux de couleur : l’artiste adjoint des « contre-soleils », contre-formes des premiers, cette fois-ci colorées.

Plongés dans cet horizon de couleurs, l’œil est invité à recomposer les lignes absentes de ces soleils blancs. Ce que l’on ne pouvait normalement pas regarder directement est ici diffracté par la palette des teintures chromatiques ; qui nous permet alors de faire face aux formes et couleurs qui composent la lumière blanche et solaire.

Notice basée sur le texte d’Eva Prouteau, critique d’art