Veit Stratmann

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Exposition

  • Exposition du 13 mai au 15 juin 2003

Veit Stratmann a fait de l'espace (et de son usage) la question centrale de sa réflexion dans un va et vient permanent entre l'espace d'exposition et l'espace urbain. Ses gestes sont simples et souvent radicaux : repousser vers l'intérieur la devanture d'une galerie, surélever un sol, rétrécir en les obstruant les passages entre deux salles, abaisser le plafond d'une chapelle à l'aide de néons suspendus. Les matériaux qu'il utilise sont ceux de l'architecture ou du design urbain : plâtre, parpaing, néons, plastique, acier cintré ... et ne subissent aucun détournement d'usage: le parpaing cloisonne, le néon éclaire, le rideau plastique divise mais laisse voir... Curieusement, cet usage littéral du matériau est mis au service d'une fiction que l'artiste propose au spectateur. Il s'agit pour Veit Stratmann de mettre en place des situations, en apparence compréhensibles, mais totalement improbables où le spectateur est laissé à son désoeuvrement, voire à sa frustration. Rapidement, il comprend que dans les dispositifs produits par l'artiste, il n'y a rien à contempler et que c'est lui (la relation entre son propre espace et l'espace proposé par l'artiste) le véritable sujet de l'oeuvre.

Ainsi, au terme de sa résidence à Saint-Nazaire, Veit Stratmann a conçu une intervention dans l'espace du Grand Café qui se donne comme un événement à l'échelle du lieu, tout en renvoyant à sa situation dans la ville. En contrepoint, l'artiste a élaboré une programmation de films qui parlent de l'idée générique de ville, projetés à Cinéville. Il a également invité divers intervenants (artistes, architectes, écrivains...) à réagir à son projet.

Au Grand Café, Veit Stratmann construit un mur qui traverse le bâtiment de part en part, sur toute sa hauteur, suivant la diagonale du lieu. Ce mur laisse libre d'accès l'escalier central qui conduit à l'étage. Au moyen de cette construction artificielle, l'artiste cherche à sceller le premier et le deuxième niveau du bâtiment et ainsi à neutraliser leurs orientations naturelles et les déplacements qu'ils induisent : au rez-de-chaussée, de la ville vers l'intérieur, à l'étage, de l'intérieur vers la ville. L'utilisation du carreau de plâtre, dont les joints restent visibles, rend aveugle tous les points de vue offerts (mais aussitôt confisqués) au spectateur. Au terme de l'expérience, à force d'être tenu en respect, toujours à l'extérieur d'un espace que ce mur suggère autant qu'il l'occulte, ne se trouvant jamais du bon côté du mur, le spectateur comprend que cette séparation agit comme un miroir (un réflecteur) qui renvoie à lui-même, à son propre espace. Ce geste de l'artiste agit directement sur la valeur d'usage de l'espace et sur son statut. Tout se passe comme si la façade anonyme d'un des bâtiments de la ville était rentrée à l'intérieur du centre d'art, transformant alors ses salles en véritables espaces publics.


Production

Le mur, 2003
béton cellulaire
production Le Grand Café


Résidence

Allemagne/France, 2003

Ainsi, au terme de sa résidence à Saint-Nazaire, Veit Stratmann a conçu une intervention dans l'espace du Grand Café qui se donne comme un événement à l'échelle du lieu, tout en renvoyant à sa situation dans la ville. En contrepoint, l'artiste a élaboré une programmation de films qui parlent de l'idée générique de ville, projetés à Cinéville. Il a également invité divers intervenants (artistes, architectes, écrivains...) à réagir à son projet.

À l'occasion de l'exposition de Veit Stratmann, trois soirées ont été conçues par l'artiste :

- rencontre avec l'artiste à l'occasion du vernissage,
- soirée cinéma avec Veit Stratmann, programmation de films conçue par l'artiste et diffusée dans un cinéma nazairien.
- Promenades urbaines ou Saint-Nazaire vue par... , pour cette soirée l'artiste avait invité des artistes, architectes, écrivains et associations à proposer leur lecture de la ville.


Édition

Veit Stratmann
monographie accompagnée d'un DVD
édition Le Grand Café, Saint-Nazaire, 2006
français / anglais
ISBN 2-908257-30-0
15 euros

Texte de Michel Gauthier, entretien de l'artiste avec Hélène Chouteau

Avec le soutien de l'Atelier Calder, Saché

Parce qu'elles sont toujours radicales et iconoclastes, les réalisations de Veit Stratmann sont difficiles à documenter. L'édition d'un DVD s'est alors avéré une possible réponse à la restitution des expériences proposées par l'artiste. On y percevra j'espère ce vide abyssal auquel nous confronte l'artiste, on y entendra le silence dans lequel ses oeuvres nous plongent, ce «vide d'émoi » comme le nomme Hélène Chouteau en introduction à l'entretien qu'elle a réalisé avec Veit Stratmann. Ce dernier y livre beaucoup d'informations sur la visée de son projet, les obsessions qu'il recoupe, les sources qui le nourrissent, les moyens qu'il convoque. Il complète avantageusement le texte de Michel Gauthier qui inscrit le travail de Veit Stratmann dans une histoire propre au XXe siècle de la question du «lieu» dans l'art.


Biographie

  • Né en 1960 à Bochumn, Allemagne.
  • Vit et travaille à Paris.

2006

  • Grignan/Brompton, parc de la rive, Sherbrook, Quebec, Canada
  • Plans, Galerie Chez Valentin, Paris, France
  • La Force de l'Art, Grand Palais, Paris, France

2005

  • Für den Alten Garten, Staatliches Museum, Schwerin, Allemagne
  • Annexes, art3, Valence, France
  • Veit Stratmann, Parc du Musée de Serraives, Porto, Portugal
  • Burlesques contemporains, Jeu de Paume, Paris, France

2004

  • École des Beaux-Arts de Mulhouse, France
  • 2YK Gallery, Berlin, Allemagne
  • Veit Stratmann, Georges Dupin, La Galerie, Noisy le sec, France
  • A angles vifs, Capc, Bordeaux, France

Veit Stratmann est représenté par la galerie Chez Valentin, Paris.

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Plus d'informations sur l'artiste :
galerie Chez Valentin

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