Bojan Sarcevic

Éventuellement

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Exposition

  • Exposition du 10 avril au 6 juin 2010

Fragile et ornementale, référentielle et autonome, abstraite et narrative, l'oeuvre de Bojan Sarcevic déroute toute classification. Combinant librement depuis la fin des années 90 le dessin, l'aquarelle, la sculpture, la vidéo, la photographie, l'intervention in situ ou l'installation, l'artiste de façon déconcertante, invente des polarités conductrices entre ces différents médiums, reconfigure leur usage et leur symbolique, et met en forme le récit d'une poétique de l'espace, collective autant qu'individuelle, liée à la mémoire et à la transmission.

Un aspect du travail de Bojan Sarcevic s'apparente en effet à un processus d'appropriation, une réflexion sur la grande épopée formelle du modernisme, allant du constructivisme russe aux utopies architecturales de l'après-guerre. Toutefois l'artiste ne se contente jamais de citer ou de reproduire : cette matière référentielle n'est qu'un sédiment - parmi d'autres - d'une oeuvre stratifiée, dépositaire d'une histoire ouverte.

Cet art du déplacement et de la stratification est déjà perceptible dans WorldCorner (1999), où le fragment d'un appartement "glisse" comme un insert dans le lieu d'exposition, imbriquant le destin de ces deux architectures. Plus délicatement, ces hybridations et réminiscences familières caractérisent Replacethe Irreplaceable (2006), feuilletage de bois et de laiton qui rappelle la rampe d'escalier Art Déco aussi bien que les réalisations monumentales d'Adolf Loos, condensant l'épure et l'ornemental, le mouvement et l'hyperstatisme. Elles traversent aussi le projet OnlyAfter Dark (2007) composé de cinq pavillons dessinés comme des architectures modernistes à échelle domestique. A la fois sculptures autonomes, supports de projection et éléments d'architecture, les modules dessinent un parcours rythmé par les projections qu'ils abritent, visions fugitives sur celluloïd qui évoquent elles-mêmes certaines compositions constructivistes. Car si Bojan Sarcevic ne s'y enferme jamais, il approche cette esthétique moderniste et sa grâce rétro-futuriste comme essence - diffuse certes - mais structurante : d'où le caractère très architecturé de ses installations, que soulignent les jeux de symétrie, les rapports d'échelle, de matière et de transparence, l'harmonie des matériaux et des formes. Dans ces équilibres, la physicalité de l'oeuvre de l'artiste se fait très sensible, comme en témoigne Eventuellement, son projet pour l'exposition au Grand Café. Conçu en déploiements sériels, l'ensemble frappe par son élégance et son éclectisme matériologique : des cheveux s'entrelacent sur de fragiles brindilles, des aquarelles viennent se poser sur des structures métalliques qui suggèrent des appareils de musculation, des étagères cuivrées semblent échapper aux lois de la gravité... Autant de rencontres inattendues, toujours qualifiées de titres extrêmement poétiques, où la tension des matériaux se mêle à la polysémie esthétique de l'oeuvre, palimpseste qui invite notre mémoire visuelle à d'étranges flottements spatio-temporels.

En ce sens, comme le formule le critique Jan Verwoert, Bojan Sarcevic crée des "espaces de latence" à la localisation incertaine, des oeuvres qui, dans un même mouvement, définissent et déconstruisent l'architecture, génèrent et suspendent l'action, exhortent la mémoire et la court-circuitent, à la croisée de mythologies personnelles, culturelles et sociales.

À l'occasion de son exposition personnelle au Grand Café, l'artiste présentera de nouvelles productions.


Productions

Sans titre, 2010
série de cinq étagères, cuivre, acier
238 x 160 x 80 cm
production Le Grand Café

Presence at night, 2010
branches d'arbre, cheveux
120 x 70 x 60 cm
production Le Grand Café


Œuvres

Keep illusion for the end, 2005
chêne, laiton, cuivre, béton
250 x 140 x 216 cm
courtesy Galerie BQ, Berlin

1954 / C, 2004
série de sept collages, impressions offset, dimensions variables
courtesy Daimler Art Collection

1954 / D, 2004
série de huit collages, impressions offset, dimensions variables
Courtesy Daimler Art Collection

1954 / H, 2004
série de huit collages, impressions offset, dimensions variables
courtesy Sammlung Hoffmann, Berlin

Sans titre, 2010
étagères, laiton, acier
238 x 160 x 80 cm
courtesy Stuart Shave / Galerie Modern Art, Londres

Sans titre, 2009
vitrine, divers matériaux
140 x 100 x 40 cm
courtesy Galerie Pinksummer, Gênes

Sans titre, 2009
vitrine, divers matériaux
140 x 100 x 40 cm
courtesy Galerie Pinksummer, Gênes


Edition

A curious contorsion in the method of progress
L'ellipse d'ellipse

Edité par Snoeck, Cologne,co-édité par Kunstmuseum Liechtenstein Vaduz, Institut d'art contemporain Villeurbanne, Le Grand Café, centre d'art contemporain de Saint-Nazaire, le Crédac, Centre d'art contemporain d'Ivry-sur-Seine
Textes de N. Ergino, F. Malsch, M. Herbert, M. Gauthier, C. Meyer-Stoll
120 pages illustrés - Français
ISBN : 978-3-86442-062-7
Prix : 39,80 euros


Biographie

  • Né en 1974 à Belgrade.
  • Vit et travaille à Berlin et Paris.

2010

  • Comme des chiens et des vagues, Gallery Modern Art, London
  • True enough, Gallery Pinksummer,Genova
  • Eventuellement, Le Grand Cafe, St.Nazaire
  • Involuntary twitch, De Vleeshal, Middelburg

2009

  • The breath-taker is the breath-giver, Gallery Carlier Gebauer, Berlin

2008

  • Only After Dark, Kunstverein Hamburg
  • Already vanishing, MAMBO, Bologna

2007

  • Only After Dark, Le Credac, Ivry

Il est représenté par les galeries Modern Art, Londres ; BQ, Berlin et Pinksummer, Gênes.

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Plus d'informations sur le site de l'artiste

Galeries :

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