A VENIR

Cycle de conférence en histoire de l'art 2019-2020

Couples et duos : la création à 4 mains

 

Amoureuses, houleuses ou fusionnelles, les relations de couples d’artistes ont souvent été au cœur de l’acte créatif. Mise à l’honneur depuis quelques années, cette histoire de l’art souterraine questionne les moteurs de la création à plusieurs. À travers quelques exemples emblématiques du 20ème et 21ème siècles, ce cycle de conférences explore les coopérations entre artistes qui œuvrent à la ville comme à la scène. Influence réciproque ou production à quatre mains sur le mode du partenariat, chaque cas invite à reconsidérer la répartition des tâches, les jalousies, la fusion ou l’indépendance de chacun dans une relation toujours à réinventer. Loin de l’image de l’artiste et de sa muse, ces formes de création collective, à deux, à trois, voire plus si affinité, trouvent aujourd’hui une grande actualité auprès d’une jeune génération de plasticiens qui ouvre plus largement la question de l’identité de l’artiste et du statut de l’œuvre.

Un partenariat Le Grand Café – centre d'art contemporain & les Beaux-Arts Nantes – Saint-Nazaire

 

PROGRAMME

Mardi 19 novembre

Speed dating

Cette première conférence aborde les grandes caractéristiques des duos amoureux dans leur rapport à la création. Moins qu’une typologie, il s’agit ici d’observer ces liaisons – longues ou passagères - en soulevant les questions qu’elles posent au processus artistique. De la fusion (Sonia et Robert Delaunay, Claude Cahun et Marcel Moore, Anne et Patrick Poirier) à la revendication d’une autorité sur le travail accompli à deux (Marina Abramovic et Ulay), de l’identité collective qui tend à la confusion entre l’art et la vie (Sophie Taeuber-Arp et Hans Arp, Gilbert & George) à l’affirmation de son autonomie (Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, Aline Bouvy et John Gillis), chaque situation réinvente les règles de l’art et du désir.

Mardi 3 décembre

Sophie Taeuber-Arp et Hans Arp

Sophie Taeuber-Arp est artiste, peintre, sculptrice et danseuse Suisse (1889-1943) et Hans Arp est peintre, sculpteur et poète allemand puis français (1886-1966)

Ils se sont rencontrés à Zurich en 1915 et ne se sont jamais quittés. Du dessin à la construction, Sophie Taeuber-Arp et Hans Arp ont rythmé leur vie en ouvrant l’abstraction géométrique à la danse, au décor, à l’architecture, à la sculpture, aux arts appliqués. Multipliant les coopérations, le couple se fait connaître par de grands Duos-collages (1918-1920) faisant la part belle au hasard et à la confusion des identités. Hérités des grilles peintes en catimini par Sophie, c’est sur le mode du jeu et de l’expérimentation que l’œuvre conjugale se développe durant 28 ans. Interrompue par la mort accidentelle de Sophie en 1943, la relation continue à travers les nombreux hommages que son époux lui adresse par-delà la disparition : catalogue raisonné, articles, poèmes… des marques de reconnaissance envers cette pionnière de l’art concret géométrique. 

Mardi 7 janvier

Claude Cahun et Marcel Moore

Claude Cahun (Lucie Schwob), écrivaine et plasticienne-photographe française, 1894-1954 et Marcel Moore (Suzanne Malherbe), artiste française, 1892-1972

« Je suis l’œuvre de ta vie » écrivait Claude Cahun (Lucie Schwob) à sa compagne Marcel Moore (Suzanne Malherbe) dès 1914. Sœurs par alliance et amantes depuis l’adolescence, les deux artistes ont construit une œuvre photographique et littéraire durant près de quarante ans, toujours signées du seul nom de Cahun. Originaires de Nantes, proches de la communauté surréaliste à Paris dans les années 1920, elles frayent un chemin très personnel qui interroge à la fois l’identité artistique et sexuelle. Leur coopération, reposant sur des compétences complémentaires, s’exprime autant dans l’édition que le théâtral expérimental durant l’entre-deux guerres. Entrées en résistance sur l’île de Jersey pendant l’Occupation, leur engagement politique témoigne d’une relation toujours placée sous le signe de l’anonymat collectif.

Mardi 4 février

Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle

Joan Mitchell, artiste-peintre américaine, 1925-1992 et Jean-Paul Riopelle, peintre, graveur et sculpteur canadien, 1923-2002

Dans le Paris d’après-guerre, l’américaine Joan Mitchell et le canadien Jean-Paul Riopelle s’imposent sur la très concurrentielle scène artistique qui voit l’émergence de l’expressionnisme abstrait. Elle a 30 ans, lui 32. Ils partagent un même esprit compétitif, un même degré de liberté. Ils se plaisent. C’est le début d’une relation de plus de 20 ans, faite d’admiration et d’influences réciproques, mais aussi de conflits et de passion. Leur cohabitation ne conduit jamais à la coopération, mais les peintures disent les proximités et les jalousies. Plusieurs expositions récentes organisées par les musées de Québec (2017), Toronto et le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture de Landerneau (2018) ont mis au jour les correspondances entre la carrière et la vie personnelle de ces artistes : une façon de reconsidérer leur travail artistique sous un nouveau jour.

 

Mardi 3 mars

Anne et Patrick Poirier

Anne Poirier, artiste française, née en 1942 et Patrick Poirier, artiste français, né en 1942

Cela fait plus d’un demi-siècle qu’Anne et Patrick Poirier travaillent à quatre mains sous une signature commune, menant une réflexion sur l’histoire et la mémoire des civilisations disparues. Dans cette petite unité de production, chacun est interchangeable. Il n’est pas rare que l’un termine la phrase de l’autre, sans vraiment se soucier de qui a commencé. Un peu à l’écart du monde de l’art, à la fois architectes et archéologues, comme ils aiment à se définir, ils partent dans le monde entier à la recherche de vestiges archéologiques collectés chacun de leur côté. Mettant en commun leurs recherches, le couple accorde peu à peu son rythme. Comme deux trapézistes, raconte Anne, il faut savoir donner et faire confiance. C’est plus risqué, mais plus amusant.
 

Mardi 7 avril

Et la création à plusieurs aujourd’hui ? Du couple au collectif


CONFÉRENCIER

Ilan Michel est critique d’art diplômé de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et du Master Métiers et Arts de l’Exposition à l’université Rennes II. Il est guide-conférencier au Musée d’arts de Nantes et écrit régulièrement dans des revues d’art contemporain (02, La belle revue).


INFORMATIONS PRATIQUES

QUAND ?
A 18h30 les mardis 19 novembre, 03 décembre, 07 janvier, 04 février, 03 mars, 07 avril

OÙ ?
Galerie des Franciscains (sous réserves)
25 rue du Croisic
44600 Saint-Nazaire
Sur inscription au : 02 44 73 44 00
Ou par mail : grand_cafe@mairie-saintnazaire.fr

COMBIEN ? 6 euros la conférence, apéro compris. Gratuit pour les moins de 18 ans, les chômeurs, les bénéficiaires du RSA et les élèves de l’Ecole des Beaux-arts Nantes – Saint-Nazaire (sur présentation de justificatifs)

Photo : Portrait d’Anne et Patrick Poirier. Courtesy Galerie Mitterrand, Photo : Pierre-Antoine Champenois